Le Lac Victoria

Par David MICHEL

I) Caractéristique du lac

1. Situation géographique actuelle Le lac Victoria est une cuvette grande comme l'Irlande, qui contient plus de 400 espèces de Cichlidés. Sa superficie de 68 000 km2 fait du lac Victoria le plus grand lac d'Afrique et le quatrième du monde. Il occupe l'intervalle compris entre les deux grande fausse d'effondrement : La fosse orientale, passant, à l'est du lac Victoria, dans une zone climatique à saison sèche marqué , englobe quelques lacs et lagunes aux eau saumâtres ou salées. Au contraire, la fosse occidentale, nommé aussi Grande Fosse de l'Est Africain, abrite de vastes lacs profondément encastrés dans la montagne. Tout distingue le lac Victoria de ses lacs de fosses : sa superficie, sa forme circulaire (320 km dans le sens nord-sud et 275 km dans la e sens est-ouest), ou encore sa faible profondeur qui n'excède pas 82 m et se maintient en moyenne autour de 40 m. C'est que le lac Victoria occupe la fond d'une cuvette tectonique lentement subsidente, beaucoup plus semblable à la fosse du Tchad ou du Congo qu'aux fosses étroites et encaissées du reste de l'Afrique où se situe les lacs Malawi et Tanganyika. Il en est de même du lac Kyoga, lac résiduel, profond de 3 à 5 m seulement, qui occupe, comme la lac Victoria dont il est aujourd'hui séparé, la même cuvette. Son littoral s'étend sur une longueur de plus de 7 000 km ou règne sur la plus grande partie des rives un paysage de savane. La forêt équatoriale, toujours verte, parvient jusqu'aux berges à l'extrémité nord-occidentale du lac. Les précipitations apportent chaque année dans la lac une tranche de 1453 mm, soit 99 km3 ; tandis que l'évaporation, responsable principal des variations du niveaux des eaux, prélève en moyenne, nue tranche de1374 mm, soit 93,5 km3. Le solde se déverse, par dessus les chutes Ripon, dans le Nil victorien, dont le débit moyen est de 580 m3/s. Le niveau actuel est entièrement tributaire de la quantité de précipitations et de l'évaporation. La saison sèche, de juin à septembre, est caractérisée par des vents forts et dominants du sud-est. En saison de pluie, d'octobre à Mai, le lac est sous les vents du Nord-Est
 
 

Remarque : des cartes sont disponibles dans la section cartographie
 
 

2. Genèse du lac

Bassins hydrographiques primaires et proto-lac supposes -750 à -500 000 ans
Environnement actuel du lac Victoria

Plusieurs théories ont été émises sur la genèse du lac. Des rivières, occupant le terrain actuel de celui-ci, drainaient la masse d'eau vers l'Ouest, vers le bassin du Congo. On suppose que les rivières actuelles, Nzoia et Kagera, ainsi que la Katonga formaient deux bassins distincts (voir cartes). La rivière Kagera étendait un réseau hydrographique sur plus de la moitié Sud du lac actuel. Un abaissement du terrain, dû à des mouvements tectoniques environnants, a formé cette cuvette circulaire à fond plat au milieu du Pléistocène (av. 750-500 000 ans). La Kagera et la Katonga ont subit un inversement du sens de leur courant par la surrection des montagnes à l'Ouest. Lors de cette genèse de nombreuses populations de Cichlidés fluviatiles ont dû se trouver isolées dans les différents bras lacustres en formation. Ensuite, le lac a trouvé sa forme actuel par une montée des eaux et diverses fluctuations de son niveau dues aux variations climatiques. Le terrain environnant s'est fortement érodé et les sédiments se sont déposés et accumulés dans le lac

    1. Caractéristique physico-chimique de l'eau
Contrairement aux lacs Tanganyika et Malawi, le lac Victoria n'atteint que 82 mètres de profondeur, et l'absence d'une zone désoxygénée permet une vie animale jusqu'au fond. Ce lac est également caractérisé par l'alternance de diverses formes physiques de la côte. Comme aux lacs Tanganyika et Malawi, nous trouvons des zones rocheuses, sableuses, intermédiaires, et de grandes surfaces de papyrus et de nénuphars couvrant plusieurs km2 au fond des criques et des baies.

Portion de côte intermédiaire

L'eau du lac Victoria-Nyanza est très douce, la conductivité varie entre 90 et 145 µS.cm-1, l'alcalinité est très faible (environ 0,2 Th°f ce qui correspond à une varation de 2 à 8 dh) et le pH varie suivant l'endroit de 7,8 à 9 en surface et de 6,9 à 8,5 en profondeur.

Le tableau ci-dessous permet de comparer les eaux du Victoria, ci particulière, à celle du Malawi et Tanganyika plus "classique".

Constitution chimique des grands lacs africains selon Tailing & Tailing (1965)
Caractéristiques chimique
Victoria
Malawi
Tanganyika
Conductivité (µmho)
91-145
210-220
606-620
Total des solides (mg/L)
76-118
-
460
Total des cations (meq/L)
1.04-1.21
2.45
7.30-7.46
Total des anions (meq/L)
1.08-1.77
2.5-2.59
7.25-7.71
PH
8.0-8.8
8.5-8.6
8.66-9.06
Na (mg/L)
10.4-13.5
21.0
57-63.6
K (mg/L)
3.7-4.2
6.4
18.0-35.5
Ca (mg/L)
5-15
16.4-19.8
9.2-17.6
Mg (mg/L)
1.59-8
4.7-8.8
39.2-43.3
HCO3 + CO3 (meq/L)
0.25-1.53
2.36-2.58
6.02-6.81
Cl (mg/L)
3.9-7.0
3.57-4.3
20.9-36.6
SO4 (mg/L)
2.3
5.5
7.2-15.3
SiO2 (mg/L)
3-20
1.1-4
0.3-6.6
NO3 + N (µg/L)
11-29
-
Pas détectable
PO4 + P (µg/L)
3-13
<7-30
7
Total Phosphorus P (µg/L)
47-67
-
21 (sous réserve)

 

L'adjonction de sels minéraux à l'eau de conduite consiste à essayer de reproduire une eau de même nature que le milieu naturelle. Pour être efficace, on devrait ajouter ces sels en fonctions de ceux déjà présent dans nôtre eau de conduite et adapter en conséquence les dosages. Mais il ne faut pas oublier qu'il est quasi impossible de déterminer la composition exacte en sels dissous dans une eau qui n'est pas stable à long terme. Je conseille à ce sujet de ne pas faire de changement d'eau partielle juste après un orage dans la région, l'eau de conduite etant alors profondément modifier. Il cependant toujours possible de demander un rapport de composition chimique de l'eau de conduite à vôtre service des eaux.

La transparence de l'eau est de 8 mètres en saison sèche, mais les précipitations annuelles apportent des sédiments dans le lac, notamment des silicates. Cet apport minéral favorise l'explosion de Diatomées réduisant parfois la visibilité à 1 mètres dans les baies et les golfes.

La température de l'eau est de 24 à 27° C en surface en saison de pluie et de 23 à 24° C en saison sèche. Près du fond elle est inférieure de 1 à 2° C.

Quand à la concentration d'oxygène dissous, celle-ci diminue rapidement avec la profondeur et suivant la constitution du substrat. Elle peut rapidement chuter de plus de la moitié entre la surface (7 mg/l) et le fond constitué d'une couche de 0,5 mètres de boue (1,5 à 3,5 mg/l). En présence d'un fond sableux ou rocheux, le taux d'oxygène peut se maintenir entre 4 et 5 mg/l. Dans les couches plus profondes du lac (plus de 60 mètres) le taux de O2 diminue très rapidement, mais la présence des Cichlidés n'est effective seulement jusqu'à 30 mètres.
 
 


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